← Retour au catalogue

Prix : 16 €
104 pages

ISBN : 978-2-940666-00-3
En librairie le 19 mars 2020
Diffuseur Harmonia Mundi Livre

Ettore SOTTSASS

Écrit la nuit

Le Livre interdit

Traduit de l’italien par Béatrice Dunner

« Celui qui tient dans ses mains ce livre tient (peut-être) dans ses mains un homme nu. »

Ettore Sottsass, extrait du Préambule.

Artiste mythique, icône de la modernité et de l’avant-garde internationale, Ettore SOTTSASS est également un écrivain accompli, maître dans l’art de raconter des histoires, comme en témoignent ses nombreux récits et chroniques, et ces pages autobiographiques qui renouvellent en profondeur le thème de « l’innamoramento ».

Le volet de ce livre de mémoires qui forme le Livre interdit est celui où SOTTSASS apparaît le plus nu, où la créativité, la sensibilité, l’intelligence ne font qu’un avec la sensualité.

Dans Écrit la nuit, pensé comme testament au début des années 2000, SOTTSASS fait défiler, dans une suite faussement désinvolte, les tableaux de son enfance en Autriche puis à Turin ; de sa jeunesse, où il rencontre Fernanda Pivano, la grande traductrice italienne des écrivains et poètes de la Beat Generation, qui l’influenceront ; et des années de l’âge mûr, enfin, où il voyagera sur tous les continents aux côtés de sa muse et complice Barbara Radice.

Ce qui frappe et enchante dans ces évocations pleines de verdeur, c’est le don qu’a SOTTSASS de se livrer d’une voix confiante et intime au lecteur. « Celui qui tient dans ses mains ce livre, écrit SOTTSASS en préambule à ce livre, tient (peut-être) dans ses mains un homme nu. »

L’auteur

Ettore SOTTSASS

Ettore SOTTSASS (Innsbruck, 1917-Milan, 2007) grandit d’abord en Autriche puis à Turin, où il arriva dans ses années d’adolescence. Il participa, comme architecte et designer, à tous les mouvements radicaux qui émergèrent et s’épanouirent au cours des décennies 1960-1970 aux États-Unis et en Europe.

En 1981, il fonda avec quelques amis le Groupe Memphis, qui transforma de façon marquante l’univers du design en Italie et dans le monde. On lui doit, notamment, le design mondialement célèbre de la machine à écrire « Valentine », qu’il dessina pour Olivetti.

Photo © Santi Caleca

Revue de Presse

« On connaissait de lui quelques superbes textes sur son métier et ce livre le confirme : Sottsass était aussi un grand écrivain. »
Xavier DE JARCY, Télérama (TTT).

« Ces pages ont la même saveur, les mêmes arômes que Sottsass a réussi à injecter dans le design. Généreuses, elles livrent le parfum du temps perdu et retrouvé de la fin du XXe siècle. »
Julien BURRI, Le Temps.

« La vie vibrante à chaque ligne et son arrière-goût tragique. Du très grand art. »
Romaric SANGARS, L’Incorrect.

« Lisez donc ce petit concentré de poésie en prose, absolument réjouissant. »
Stefano PALOMBARI, L’Italie à Paris.

« Ce petit livre opportunément publié par les jeunes éditions Herodios se lit en une après-midi mais, une fois refermé, ne se laisse pas oublier. »
Patrick CORNEAU, Le Lorgnon mélancolique.

« Écrit la nuit apparaît comme ces petits livres singuliers dont il vous reste une saveur insituable, des impressions flottantes, exactement celles que l’auteur parvient à capturer. »
Marc VERLYNDE, La Viduité.

« Un texte sensuel, visionnaire, tendre et mélancolique comme l’était Ettore Sottsass. »
Olivia PHELIP, Viabooks.

« Ettore Sottsass montre un talent aigu pour capter une atmosphère, une ambiance, un paysage, des instants particuliers. » Nikola DELESCLUSE, « Paludes », Radio Campus Lille.

« Les mots de Sottsass, qui aima les femmes et la vie, sont vibrionnants, beaux et parfois visionnaires. Une très belle découverte. Vous allez adorer. »
David MEDIONI, Ernest !

« Écrit la nuit est un testament, une confession, un roman privé ; c’est un journal existentiel sur le mal de vivre. »
Vincenzo TRIONE, Corriere della Sera.

« Ettore Sottsass est là, nous parle, proche, vivant. C’est bien de vie qu’il s’agit, dans ces pages échappées à un Journal, d’appétit de vivre, d’aimer, de voir, de sentir. »
Thierry Cecille, Le Matricule des Anges.

Écrit la nuit, Le livre interdit est un livre sur l’amour, prodige d’érotisme.”
Corinne Amar, France Culture.

« Dans ce récit autobiographique, Ettore Sottsass se met à nu, exprime résolument la force des sentiments et du désir. »
Francine Fanchette, Libération.

Ce qui frappe dans ce livre, dans ce fragment de journal intime, c’est d’abord la qualité de la plume, le sens aigu de la description dont fait preuve cet homme reconnu dans le monde entier pour ses multiples talents de designer, d’artisan et d’architecte visionnaire. Mais dont on ne connaissait pas le talent d’écrivain, ni son art du récit intime, qui touche au cœur et devient, par là, universel et bouleversant.
Linn Levy, Vertigo, RTS.

Extrait(s) du livre

Écrit la nuit

« Barbara était assise sur le rebord de la fenêtre, et le soleil de juin ruisselait sur elle, lumière et or sur ses cheveux blonds. Elle avait les seins petits, des bras minces d’Indienne, un jean moulant, des chaussures en cuir noir à hauts talons. Nous étions dans l’atelier de Vittorio Gregotti, qui voulait me faire travailler pour la Biennale de Venise : studio tout blanc, plein de papiers, de projets, de grands formats de photographe, de tout ce qui rend l’espace plus blanc encore.

« Barbara était assise sur le rebord de la fenêtre et elle irradiait ce mystère des femmes belles, sauvages, intactes : épaules droites, bras minces, longues mains blanches – incompréhensible mystère. Barbara avait la même sauvagerie féminine que Cleide, mais plus contrôlée, plus policée.
C’était une jeune femme étrange, avec ce nez Renaissance que l’on peut voir sur certains portraits de nobles dames italiennes d’antan. Comme de bien entendu, dans son enfance, elle voulait l’échanger contre un nez normal, mais son père, grand peintre abstrait, spiritualiste et cultivé, lui avait dit :
« Je croyais que tu étais une fille intelligente. Ton nez est ce que tu as de plus beau. »
Un peu plus tard. Barbara monte devant moi les escaliers du Palazzo Correr. Je lui dis :
« J’aimerais bien te mettre la main aux fesses. »
Sans même se retourner, elle me répond :
« Eh bien, vas-y ! »
Et, bien sûr, je ne l’ai pas fait. »

« Moi j’aime les gens qui ne sont pas sûrs d’eux, les perplexes, les modestes, ceux qui essayent de comprendre. J’aime bien les gens qui ont peur.»

« J’ai passé toute ma vie à courir, à courir, à courir derrière quelque chose sans jamais savoir ce qu’était cette chose, à quoi elle ressemblait, où elle se cachait.»