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Prix : 20 €
160 pages

ISBN : 978-2-940666-06-5
En librairie le 1er octobre 2020
Diffuseur Harmonia Mundi Livre

Matteo PERICOLI

New York de ma fenêtre

63 vues de la Grosse Pomme

Traduit de l’italien par Béatrice Dunner

« Un livre sur la New York invisible : une série de visions que l’on ne peut avoir qu’en habitant, un court instant, l’esprit de quelqu’un d’autre. »

Soixante-trois vues de New York, soixante-trois regards par la fenêtre d’artistes, réalisateurs, écrivains, musiciens, philosophes, scientifiques : Matteo PERICOLI a été à leur rencontre et, de leurs visions subjectives, il a dressé un portrait inédit de la Grosse Pomme et raconté la ville à partir des sensations et des confessions de certains de ses plus illustres habitants.

De Philip Glass à Oliver Sacks, de Susanna Moore à Tom Wolfe, de David Byrne à Nora Ephron, Annie Leibovitz et Daniel Libeskind, New York de ma fenêtre est une œuvre chorale dont les mots et les images entraînent le lecteur dans les replis les plus secrets de la plus publique des villes, éveillant les souvenirs, parfois intimes, et les aperçus, parfois cinématographiques. Sacks nous explique combien certaines des choses vues l’apaisent, et d’autres au contraire le stimulent ; l’éditeur Ben Sonnenberg s’énerve à la vue des gratte-ciel de Donald Trump ; l’écrivain Gay Talese nous apprend qu’il évite de laver ses vitres pour conserver une vue brouillée et brumeuse de la ville ; et le professeur Alexander Stille se plaint d’un excès : vue trop vaste, soleil trop éclatant, il lui faut s’enfermer pour parvenir à travailler.

Matteo PERICOLI ne se contente pas de recueillir ces « points de vue » intimistes, il les dessine aussi, et l’ensemble de ces dessins nous entraîne bien au-delà du strict cadre urbain. Et, ce faisant, il nous invite à cet acte, quasi incongru dans nos vies si trépidantes : s’accouder à sa fenêtre, rester là quelques instants à regarder, à s’interroger sur le monde, jusqu’à se fondre dans ce que l’on voit.

Voici une suite unique de paysages urbains croqués par Matteo PERICOLI, le célèbre auteur de Manhattan Unfurled. Dans ces dessins intimes, PERICOLI capte l’essence de la ville en nous montrant ce qui s’offre par la fenêtre aux regards de certains New-Yorkais. New York de ma fenêtre fait défiler autant de villes différentes et personnelles que de témoignages, ceux de Tom Wolfe, Tony Kushner, Nora Ephron, Stephen Colbert, Richard Meier, Oliver Sacks, Mario Batali, David Byrne et de bien d’autres, artistes, écrivains, penseurs qui contribuent à faire de New York ce qu’elle est. Ce livre recueille leur vision des paysages sur lesquels ils se penchent. Il est préfacé par le critique d’architecture Paul Goldberger, lauréat du prix Pulitzer.

L’auteur

Matteo PERICOLI

Matteo PERICOLI (Milan, 1968) est diplômé de l’École polytechnique d’architecture de Milan. En 1995, il est parti pour New York, où il a travaillé comme architecte, dessinateur, auteur, journaliste, et où il a enseigné.

Ses dessins ont été publiés dans de nombreux journaux et magazines, en Europe et aux Etats-Unis. Ses articles paraissent régulièrement dans la presse italienne.
En 2007, il a achevé Skyline of the World, une fresque murale de cent trente-trois mètres de long pour le Terminal international d’American Airlines à l’aéroport John F. Kennedy de New York.

matteopericoli.com

Revue de Presse

« Voilà une idée simple, aux résultats surprenants. Où l’on nous explique ce qu’est la vie urbaine, où l’on nous livre les imaginaires foisonnants de ceux qui choisissent de vivre et de travailler en ville, et, ce qui est peut-être le plus intrigant, où l’on découvre la qualité unique, un rien obsessionnelle, du regard de Pericoli. »
The Observer.

« Un livre étonnant. »
New York Daily News.

« On nous a cent fois dépeint l’horizon de Manhattan – mais comme ça, jamais. »
The Wall Street Journal.

« New York, vue de l’intérieur : Matteo Pericoli livre ici une image toute neuve de la ville debout. »
The New York Times.

Extrait(s) du livre

New York de ma fenêtre

Charles BOCK - Ecrivain

Ma table de travail est placée de biais par rapport à la fenêtre de l’image et, dans la journée, si je tourne la tête vers la gauche et que je regarde dehors, j’ai en face de moi l’immeuble d’habitation qui donne sur la 21e Rue. C’est un bâtiment situé au nord de Gramercy Park, et ça doit coûter un bras de vivre là-dedans, c’est une belle bâtisse de brique dont les larges fenêtres s’ornent de petits carreaux fantaisie. Très souvent, l’écran plat de la télé est allumé dans l’appartement juste en face du mien, et je peux voir le film ou le programme qui passe. Mais les moments qui à mon avis nous représentent le mieux, moi-même, et la vue qui s’offre depuis mon bureau, ce sont des moments comme celui-ci, où j’écris ces lignes, au milieu de la nuit : les lumières d’en face sont éteintes, et moi je suis assis là, à m’escrimer sur un paragraphe, et, quand je me tourne vers la fenêtre, je n’y vois que le reflet de ma lampe, et le vague contour de mon propre visage.

Junot DIAZ - Ecrivain

À cette hauteur, les fenêtres ne sont plus des fenêtres, mais des trous de serrure. C’est Fenêtre sur cour, mais dépouillé de toute splendeur architecturale ou humaine.

Peter CAREY - Ecrivain

De mon bureau, je vois passer des tas de morts sous mes fenêtres. Par exemple, le célèbre forain P. T. Barnum, qui arpente Broadway. Il se rend au mariage de Tom Pouce avec Lavinia Warren, la « Reine de Beauté ». Mme Demorest, qui était ma voisine en 1863, s’était chargée de confectionner la robe de la mariée – donc, en 1863, la minuscule Lavinia Warren se tenait juste là, de l’autre côté du mur !
Veuillez jeter un coup d’œil par-dessus le rebord de la fenêtre, Majesté : vous verrez ce que je verrai moi-même en 2008 – enfin, à peu près, car, pour tout dire, l’immeuble de droite sur le dessin (on n’en voit que le haut pignon nord) était de votre temps un étroit théâtre. Les Christy Minstrels ont joué là, entre 1847 et 1854 – des minstrels, noirs-blancs, Dieu nous pardonne, à trente secondes à pied de ma porte d’immeuble !
Quant à l’immeuble d’à côté, celui qu’on aperçoit derrière la tête de l’oiseau en bois, il a été construit par Bartholomew Delapierre. Celui qui le jouxte maintenant n’existait pas encore à ce moment-là. Je revois celui qui l’a précédé, je le vois, dévoré par les flammes. Et je revois le projet de Robert Maynicke, en 1902, pour la construction d’un atelier de dentellières, qui a donné ce que l’on voit là, à présent, ce bâtiment avec cinq grandes fenêtres par étage. L’architecte avait tout prévu, puisque grâce à lui, dans les semaines qui ont précédé les élections de 2008, nos voisins ont pu découper et coller au milieu de leurs vitres des lettres hautes d’un mètre qui épelaient le nom d’O-B-A-M-A.
C’est une vue superbe pour un écrivain, elle lui offre tout un inimaginable imaginé. C’est une bonne façon de commencer la journée.

Rosanne CASH - Musicienne et écrivaine

J’en ai visité des brownstones à Chelsea avant de tomber sur celui-ci ! C’était l’un des rares qui avait conservé ses moulures d’origine dans le salon. Et c’était là un argument de vente considéré comme irrésistible, mais qui n’a pas suffi à emporter ma décision. Non, moi, c’est la vue que l’on a de la grande chambre à coucher qui m’a pris le cœur. Au sud-ouest, le sommet de l’Empire State Building me fait signe par-dessus la ligne des gratte-ciel, et, là, la façade sud du Chelsea Hotel sert de toile de fond aux brownstones qui bordent l’autre côté de ma rue… Tout cela me parle de tout ce que j’aime de New York. J’adore voir les couleurs changer tout en haut de l’Empire State Building, toutes ces nuances qui donnent à notre chambre une dimension si romantique. Et puis, mon mari et moi nous avons des amis proches qui vivent au Chelsea Hotel. De leur fenêtre, ils voient notre chambre à coucher, et quand je vais les voir, et que depuis chez eux je regarde vers chez moi, c’est un peu mon quotidien inversé que je vois.

Derek BERMEL - Compositeur et clarinettiste

À l’aube, l’oiseau moqueur ; en matinée, le ronflement du moteur du camion qui livre ses colis ; à midi, la télé à l’étage d’en dessous ; l’après-midi, les cris étouffés des enfants qui jouent à côté ; au crépuscule, une alarme de voiture ; la nuit, les sirènes de police ; et puis plus rien : le silence.